Quand l’Europe était la Silicon Valley

Second épisode de la série d’été Paléofutur diffusée tout l’été sur la Radio Suisse Romande. A écouter ci-dessous ou en cliquant ici.

 

L’innovation et l’optimisme n’ont pas toujours été l’apanage de la Silicon Valley californienne. Entre 1850 et 1914, Paris a été la capitale mondiale des nouvelles technologies, du business, mais aussi des arts, de la culture et de la foi en l’avenir. Le décryptage de la chronique Paléofutur.

Entre 1850 et 1914, c’est Paris qui a tenu le rôle de phare inventif, économique, mais aussi artistique, culturel, poussée par un gigantesque souffle d’optimisme.

A la Belle Epoque, inventeurs et entrepreneurs viennent à Paris pour profiter d’un écosystème d’innovation fait de centres de recherche, de talents venus du monde entier et d’investisseurs aux poches profondes. Tous planchent sur les technologies du moment, avec peut-être encore plus d’ambitions qu’aujourd’hui à Palo Alto ou à San Francisco.

Ville multimédia

A l’époque, Paris est un centre mondial de télégraphie, l’internet du moment qui permet de communiquer de façon instantanée. On y invente aussi la carte postale, sorte de MMS avant l’heure. Les toute nouvelles rotatives y tournent à plein régime. Si les geeks ne lisent pas encore Wired, ils dévorent “La Vie électrique” publiée dans “Sciences Illustrées”. Ils ne traînent pas dans un cyber café, mais se retrouvent dans les “téléphones cafés”, desquels on peut appeler le monde entier.

Près de 200 cinémas s’ouvrent à Paris entre 1900 et 1913. Le streaming existe déjà sous la forme du théatrophone. Une invention qui permet de se brancher en direct sur une pièce de théâtre ou un spectacle d’opéra-comique, retransmis dans le monde entier via le réseau téléphonique.

Immigration facilitée

Comme la Silicon Valley aujourd’hui, le Paris du début du 20e siècle est un aimant pour tous les talents technos, pour tous les entrepreneurs du monde. Les étrangers y viennent sans aucune difficulté grâce à des voyages facilités dans un monde qui ne connaît pas encore les passeports. Cinquante millions de visiteurs se rendent à l’exposition universelle, à une époque sans autoroutes, ni compagnies aériennes low cost. Cinq cents banques sont créées à Paris entre 1873 et 1913, contre deux entre 1914 et l’an 2000.

Le métro est inauguré avec des panneaux en 34 langues. Les grands magasins naissent à cette époque et le Bon Marché promet des interprètes en 38 langues. Gustave Eiffel est le Steve Jobs de l’époque. Il invente le porte-jarretelle, conçoit la structure de la statue de la liberté et bien sûr la tour Eiffel. Les artistes et scientifiques collaborent.

L’Europe fauchée dans son élan

Mais ce gigantesque élan d’optimisme se termine brutalement avec la première guerre mondiale. Les deux plus grandes puissances de l’époque, l’Allemagne et la France entrent en conflit en 1914, alors que quelques années plus tôt, les moyens de transport et de communication plus rapides semblaient pouvoir venir à bout des malentendus culturels.

Les Etats-Unis, seul pays industriel qui n’a pas été démoli par les deux guerres mondiales a profité de cette non concurrence, qui a permis ces avancées technologiques. Mais cela n’explique pas tout de l’actuel côté poussif de la vieille Europe. En matière de télégraphe, la France était leader, mais les développements ont été plus rapides outre Atlantique. Un peu comme avec le Minitel et Internet: les Français avaient un coup d’avance technologique et s’y sont tellement accrochés qu’ils n’ont pas su attraper le train suivant.

Laurent Haug/Guillemette Faure/ad/jzim

Sources et références:

Les guerres des taxis sont bien plus anciennes que l’arrivée d’Uber

Premier épisode de la série d’été Paléofutur diffusée tout l’été sur la Radio Suisse Romande. A écouter ci-dessous ou en cliquant ici.

 

Plusieurs guerres des taxis ont déjà eu lieu dans le passé, bien avant l’arrivée d’Uber sur le marché de la mobilité. A Londres au 17e siècle, les bateliers voient leur monopole contesté par les voitures de louages, tandis qu’à l’aube du 20 siècle, c’est l’apparition de voitures à moteur qui fâche les pilotes de calèches.

Les bateliers se fâchent

A Londres, au 17e siècle, les voitures à traction animale se développent. On ne les appelle encore taxis mais “voitures de louage”. Cette nouvelle concurrence est rapidement considérée comme déloyale par les bateliers qui détiennent un monopole royal sur le transport des passagers entre la City et Westminster.

Face aux protestations des nobles qui dirigent les réseaux de transport fluvial, le roi Charles Ier introduit de nouvelles règles pour contrôler, voire empêcher ces innovateurs de travailler. Il interdit aux voitures de louage d’effectuer des courses de moins de trois miles. Or, la distance entre la City et Westminster est de… 2,3 miles! De quoi rappeler la fameuse règle des 15 minutes que les autorités parisiennes ont essayé d’imposer à Uber, avant que cette mesure ne soit recalée et finalement jamais appliquée.

Autre époque, mêmes arguments

Les chauffeurs de taxi londoniens d’aujourd’hui passent trois ans à se former. Ils ont du mal à accepter que le chauffeur Uber n’en ait pas besoin, grâce à son GPS. Au 17e siècle, les bateliers anglais avaient pour la plupart consacré sept années de leur vie à apprendre à identifier tous les courants de la Tamise. Quand les ponts se construisent, quand les fiacres se multiplient, toutes ces connaissances deviennent obsolètes.

Rebelote au début du 20e siècle. Cette fois, c’est la voiture à moteur qui se développe. Comme les règlements en vigueur ne s’appliquent qu’aux cochers, les chauffeurs motorisés peuvent négocier le prix de leur course directement.

La régulation peine à suivre l’innovation et les nouveaux acteurs en profitent. Qu’il s’agisse des bateliers face aux voitures de louage, des voitures de louage face aux taxis motorisés, des taxis motorisés face à Uber, la cause est entendue: c’est injuste, c’est un péril, c’est illégal.

L’adversaire finit par s’installer

Selon la légende d’Uber, l’entreprise est née parce que les deux fondateurs Garrett Camp et Travis Kalanick ne trouvaient pas de taxis à Paris en 2008. La ville était connue pour son numerus clausus très strict sur le nombre de licences, afin d’assurer des revenus réguliers aux chauffeurs. En cherchant à limiter le nombre de voitures pour protéger leur business, les chauffeurs de taxi parisiens ou new yorkais ne se sont pas rendu compte qu’ils ont en fait aidé Uber à s’installer.

L’idée d’Uber, c’est que plus il y a de chauffeurs, plus les prix baissent, plus la demande augmente, plus la baisse des marges est compensée par le volume. Mais aujourd’hui, Londres est confrontée aux nouveaux services pour le transport des personnes, des courses, des repas. Les embouteillages, en hausse, ralentissent le trafic. Ils ont fait passer la vitesse moyenne de circulation à 15 km/h, soit à peu près la vitesse… d’un fiacre. Si bien que les bateliers pourraient redevenir plus efficaces!

Laurent Haug/Guillemette Faure/ad/jzim

Sources et références:

2017, a tipping point and a new mindset

A massive correction is coming to the tech sector, resulting in the end of the second digital gold rush and a return to the fundamentals. Tech companies are increasingly disconnected from what people really need, hardly any meaningful innovation is coming out of those mega structures who, from startups, now look more and more like the monopolies they promised to displace.

The tech industry’s center of gravity is slowly moving towards Asia and Europe. When it comes to Asia, the culture barrier saves us from having to face the fact that Chinese and Korean services are more advanced than ours. When it comes to Europe, the world is starting to take notice after the Euro zone economy outperformed the US in Q1 2017.

The efforts to take humans out of the loop will fail: we will not run out of jobs. Technology destroys occupations, not jobs! And we are pretty good at finding new ways to keep ourselves busy. What I see is a re-emergence of non-technological innovation, long term thinking, in person interactions, and more sustainable values.

What now?

It is time to reframe how we think, so I tried to put words on this new mindset. I believe we need to:

  • Understand that life goes beyond data, that many things are invisible, intangible and unmeasurable: knowledge, intuition, reputation, motivation, identity, leadership, etc . These might very well be the most important things of all, because they are what can’t be put into code.
  • Understand that some innovations are better not used. The only intelligent way to deal with atomic bombs is to learn not to use them. Perhaps some digital technologies deserve the same treatment.
  • Understand that technology is here to serve and augment humans, not replace them.
  • Understand that it’s not about wiping up the past, but taking what’s good from both the past and the future to build a desirable present.
  • Understand that innovation is collective and not individual, that every new idea is built on top of centuries of wisdom and achievements like roads, processors, communication networks, laws, books.
  • Understand that the only way to succeed is to bring both the digital and the “real” world together.
  • Understand that there are no shortcuts, that innovation is hard, slow, and always triggers resistance. That the key is to find the questions first, the answers second.
  • Realize that success is multidimensional and personal. Multidimensional because about more than exits and magazine covers: health, legacy, quality of life, contribution to the advancement of society. Personal because each and every one of us has to define what’s important for her or him, without being overwhelmed by the pre-cooked models of success we are served by the hype.

I believe mixing the values of our “old continent” with the zeitgeist can bring a much needed perspective that will help us move past the notion of innovation, back to the more noble idea of progress.

Check monito.com before doing any money transfer

One of the pleasure of being an investor is that you get to see how the younger generation works, and while sitting on the board of Monito I get to be around an incredibly talented team that is growing into something special. The service is now very reliable and precise, so if you need to send money abroad, be sure to check monito.com as you might save up to 90%. Here is what happens when you use Paypal or Skrill to send money abroad.

“PayPal fees for international money transfers, which includes the transfer fee and the margin taken on the exchange rate, are between 3% and 10%. Skrill fees on the other hand are between 7% and 9%. This means that sending $500 from the US to France might cost you as much as $50! TransferWise, the cheapest solution currently listed in our real-time comparison table for this same transfer would cost only $5, or ten times less.”

Learn more

How Innovators Think

Most of my time is currently dedicated to writing a book titled How Innovators Think. I was blessed with meeting hundreds of incredible innovators, and decided to research and document the patterns I could find in the way they think. If you are interested in innovation, consider joining the discussion on Facebook and Medium.

A brief look at Google Glass hype

In my talk about the innovator’s mindset, I always preach that hype is one of the worst possible compass. It can be hard to look back on hype (because it takes so many forms), so I found this enumeration of some of the crazy things that happened when google glass came out interesting. All this for a product that has now been sent back to the drawing board. Hype ≠ success!

Time Magazine named [google glass] one of the “Best Inventions of the Year.” It got its own 12-page spread in Vogue magazine. “The Simpsons” devoted a show to Google Glass, though Homer called them “Oogle Goggles.” Glass did the rounds on the morning and evening shows, and it was the subject of numerous comedy skits including on “Saturday Night Live,” “The Colbert Report” and countless YouTube videos. Presidents from around the globe tested them. Prince Charles wore a pair. As did Oprah, Beyoncé, Jennifer Lawrence and Bill Murray.

There was also the moment at New York Fashion Week in 2012, when Diane von Furstenberg sported a red pair, and sent her models down the runway with different-colored ones. Later, in a slickly produced video, Ms. von Furstenberg (wearing a new pair produced by DVF | Made for Glass) told Isabelle Olsson, a Google designer, “We revealed Google Glass to the world.”

And in another sign of its cultural import, The New Yorker ran a 5,000-word feature on what it was like to wear the novel device, written by a so-called Google Glass Explorer invited by Google to test the product. Here, Gary Shteyngart comically recounts an impromptu product demonstration he gave on the 6 train. “Are those them?” one businessman asked him. “That is so dope,” a college student says. “You’re lucky.”

Link

How Apple became Apple (and why they will struggle to maintain their position)

Great read on how Apple overtook Microsoft because Microsoft was a dominant, sleeping giant. And now guess who is in that position…

Protecting your business model without innovating is a dangerous proposition.

I think even Microsoft would agree that they’ve been too concerned with protecting Windows over the years, to their detriment.” […]

Always cannibalize yourself.

“Steve ingrained in the DNA of Apple not to be afraid to cannibalize itself,” Mr. Isaacson said. “When the iPod was printing money, he said that someday the people making phones will figure out they can put music on phones. We have to do that first. Now, what you’re seeing is that the bigger iPhone may be hurting sales of iPads, but it was the right thing to do.” […]

Trendsetters are rewarded for taking risks, followers, well, follow.

Microsoft has repeatedly tried to diversify, and continues to do so under Mr. Nadella. But “it’s been more of a follower whereas Apple has been more of a trendsetter, trying to reinvent an industry,” […]

Now Apple is the prisoner of its own success. Only way seems to be down, the question is when.

Some investors worry that Apple could become the prisoner of its own success. As Mr. Sacconaghi noted, 69 percent of the company’s revenue and 100 percent of its revenue growth for the quarter came from the iPhone, which makes Apple highly dependent on one product line. “There’s always the risk of another paradigm shift,” he said. “Who knows what that might be, but Apple is living and dying by the iPhone. It’s a great franchise until it isn’t.” […]

Can Apple continue to live by Mr. Jobs’s disruptive creed now that the company is as successful as Microsoft once was? Mr. Cihra noted that it was one thing for Apple to cannibalize its iPod or Mac businesses, but quite another to risk its iPhone juggernaut. […]

Link