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History repeating, a personal comment on this week-end’s vote in Switzerland

This past week-end, Switzerland voted to curb immigration. I see in that vote an intriguing pattern of self destruction, the same in wealthy families, successful corporations, and dominating empires. My comment below (in French), hopefully a positive contribution to a healthy democratic debate in my adoptive country.

Je plaisante souvent en disant que dans le fond, les individus, les entreprises et les peuples semblent profondément… communistes! Dès que l’on réussit un peu trop, on fait tout pour redescendre de son piédestal, comme pour assurer un meilleur partage global des ressources.

Demandez par exemple à un banquier de vous narrer l’évolution de la fortune d’une famille. Il commencera par vous raconter comment le grand père, visionnaire et travailleur, a pris tous les risques du monde pour créer sa fortune et donner à ses enfants une vie meilleure. Quand ces derniers prennent le pouvoir, ils se concentrent sur la conservation d’un patrimoine qu’ils vont faire fructifier avec plus ou moins de succès. Les ennuis commencent en général avec les petits-enfants, ceux qui ont grandi dans l’opulence et loin des risques. Ce sont eux qui vont dilapider la fortune, et réenclencher un cycle que l’on voit constamment se répéter quand on observe le monde d’aujourd’hui: la prise de risques crée la réussite, la réussite crée l’immobilisme, l’immobilisme crée le déclin.

Et ce qui est vrai pour les familles l’est aussi pour les entreprises. Combien de sociétés, propulsées maîtres de leurs marchés respectifs, sont-elles subitement devenues immobiles et aveugles? Nokia avait inventé le smartphone à écran tactile couleur en 2002, mais le projet ultra secret a été torpillé par les partisans du statu-quo, qui voyaient d’un mauvais oeil cette innovation qui pouvait cannibaliser le marché profitable des “dumb phones” sur lequel la société régnait sans partage. Kodak, Blockbuster, Dell, Motorola, Blackberry, Sony, Yahoo. La vie des entreprises semble suivre ce même cycle immuable: prise de risque, puis immobilisme, déclin.

Ce qui est vrai pour les familles et les entreprises l’est aussi pour les pays. L’histoire est truffée de ces grands empires qui, au sommet de leur puissance, commencent à se saboter de l’intérieur, comme si le succès leur brûlait les doigts. La France et l’Allemagne, sortant d’une “belle époque” qui les voyait dominer le monde par leur esprit entrepreneurial, se déclarèrent la guerre en 1914, sans que personne ne sache vraiment pourquoi. En 2001 c’est au tour des USA de se lancer dans une guerre contre un ennemi invisible, dont le coût financier, politique et social a dépassé de loin les espérances les plus folles d’Al Quaeda. Les attentats auront coûté 40 milliards, la guerre contre le terrorisme 5000 milliards. Autant d’argent qui n’a pas pu être utilisé pour stimuler l’économie en crise à la fin des années 2000, et qui est venu s’ajouter à une dette déjà abyssale.

La Suisse est un pays prospère, à la tête d’une réussite qui ne doit rien au hasard mais à des prises de risque audacieuses, à un sens de l’anticipation des grands mouvements de l’histoire, au travail acharné d’un peuple uni par des valeurs fortes de raisonnement à long terme et d’ouverture pragmatique sur le monde. Et voilà cette belle Helvétie qui oublie tout ce qui a fait son succès, et s’enferme dans des raisonnements typiques de celui qui, du haut de son succès, met son énergie non plus en direction du futur, mais dans la conservation des acquis du passé.

Le penseur américain Tim O’Reilly affirme que “les politiciens doivent toujours choisir entre protéger le passé du futur, et protéger le futur du passé”. La Suisse vient de retomber brutalement du mauvais côté de cette équation à une inconnue, protégeant de toutes ses forces un passé présent au détriment d’un futur qui s’annonçait pourtant radieux.

Dans mes vingt ans de combat contre les fantômes de notre glorieux passé continental, j’ai toujours dit qu’il fallait se battre par la positive, embrasser ce qui est inévitable, et avoir le courage de changer quand c’est encore un choix plutôt qu’une obligation. Et me voici en train d’assister, fort impuissant, à une énième répétition d’un de ces schémas dont l’histoire a le secret. Avec une question lancinante: qu’est-ce qui peut bien rendre le succès si insupportable que l’on fasse autant d’efforts pour s’en débarrasser?